Le 29 novembre prochain, la population est appelée à se prononcer sur quatre objets très différents.
Trois de ces objets touchent à des domaines où l’idéologie est souvent très (trop ?) présente.
Mes prises de position et recommandations sont les suivantes :
- Initiative antiminarets (CH) : NON
- Initiative contre l'exportation du matériel de guerre (CH) : NON
- Financement pour le trafic aérien (CH) : OUI
- Révision de la loi cantonale sur l’Energie (NE) : OUI
Initiative antiminarets : NONCette initiative a véritablement un relent raciste qui me choque profondément. Les « fameuses » affiches en sont une preuve supplémentaire. Pour le comité d'initiative (formé de proches de l'UDC et de l'UDF démocratique fédéraliste), les minarets ne sont pas des édifices religieux, mais «le symbole d'une revendication de pouvoir politico-religieuse, contraire à la Constitution et au régime légal suisse».
Il faut vraiment être parano et, une fois encore, véritablement raciste pour se permettre de dire de telles absurdités.
La construction d’un minaret comme n’importe quelle construction est soumise à autorisation. Les services concernés devront donc l’approuver et les possibilités de recours existeront également. Naturellement, le minaret doit rester un symbole. Je n’accepterais pas de voir apparaître de tels édifices en haut des desquels le muezzin ferait ses appels à la prière.
Cette initiative a le don de vouloir voir ou créer des problèmes là où il n’y en a pas, j’en souhaite donc son rejet sans ménagement !
Initiative contre l'exportation du matériel de guerre: NONCet objet est l’exemple typique où il faut être capable de faire la part des choses entre l’émotionnel et la raison.
Bien entendu, un monde dans lequel les guerres auraient disparu est souhaité par l’humanité tout entière. Toutefois, il ne faut pas rêver. Les conflits ne datent pas d’hier et je ne crois pas prêcher par fatalisme en disant que c’est malheureusement dans la nature humaine. Donc penser qu’interdire les exportations du matériel de guerre suisse apportera la paix sur notre planète est une douce et naïve utopie.
En réalité, derrière la question posée par cette initiative, les initiants ne visent rien d’autre que l’armée de notre pays qui, selon eux, est totalement inutile. Le GSsA (Groupe pour une Suisse sans armée) ne s’en cache d’ailleurs pas.
Il faut donc réfléchir aux réelles motivations des initiants et refuser avec force cette initiative. A l’heure actuelle, aucun pays dans le monde n’a entamé la moindre réflexion pour supprimer son armée. Nous devons vivre dans un pays véritablement exceptionnel pour pouvoir se permettre ce genre de réflexions. Il est trop facile et franchement hypocrite de vouloir supprimer sa propre armée tout en appelant ses voisins à la rescousse à la moindre alerte.
Cette initiative est très dangereuse d’un point de vue économique et ne résoudrait absolument rien sur le fond. Un véritable savoir-faire et des développements de pointe disparaîtraient et avec eux des milliers d’emplois hautement qualifiés.
Lire aussiFinancement pour le trafic aérien: OUILa modification qui nous est proposée me semble assez logique. Comment peut-on justifier que l’impôt perçu sur le kérosène soit attribué à d’autres postes de la Confédération (caisse générale et routes) et rien pour le trafic aérien ? C’est presque à se demander comment cette répartition a pu voir le jour. Il est donc temps de corriger le tir.
Révision de la loi cantonale sur l’Energie: OUIDès le départ, j’ai trouvé le lancement du référendum par le PLR et la droite très risqué. Le trend « écolo » actuel ne fait aucun doute et ce référendum a très rapidement donné l’image d’une droite qui ne se préoccupe pas de l’écologie ! Malgré cela, j’ai soutenu ce référendum car la manière à l’emporte-pièce avec laquelle la décision a été prise au Grand conseil en mars dernier était inacceptable. J’espérais surtout qu’un véritable débat allait avoir lieu entre les antagonistes. Malheureusement cela n’est pas le cas et même au sein du PLR j’entends encore et toujours les mêmes arguments qui, à mon avis, ne convaincront personne.
Le slogan de campagne « Non à l’augmentation des charges » me laisse particulièrement dubitatif. Personne n’est dupe, l’assainissement d’un bâtiment est déductible fiscalement, il n’y aura pas d’augmentation de la valeur cadastrale et la consommation énergétique va fortement baisser. Donc même si le loyer subit une très légère hausse, celle-ci sera largement compensée par la baisse des charges (chauffage notamment).
L’attitude de trop nombreux propriétaires se retourne aujourd’hui contre eux. Comme ce sont les locataires qui paient les frais de chauffage, certains propriétaires n’ont jamais fait l'effort d'assainir leurs bâtiments. Sur ce point particulier, l’intervention de l’Etat via la nouvelle loi s’est révélée indispensable.
Les éventuelles obligations découlant de la nouvelle loi sont malheureusement indispensables si on ne veut pas faire le bilan dans 10-20 ans et se rendre compte que rien n’a été fait. On pourrait aussi compter sur le bon sens individuel sur la route et ne définir aucune limitation de vitesse. On se rend assez vite compte que ça ne marche tout simplement pas !
Je reste clairement favorable à une politique écologique incitative (les déductions fiscales découlant d’assainissements tombent sous le sens et me réjouissent) mais pour atteindre des objectifs sensés (réduction de la dépendance aux énergies fossiles) il est nécessaire de fixer certaines règles. Je suis persuadé que les obligations mises en avant par les référendaires ne se transformeront pas en règlements stupides entrainant des aberrations. N’oublions pas que le DGT est dirigé par un PLR, faisons confiance au Conseil d'Etat pour mettre en place un règlement d’application intelligent et équilibré.
Informations de la Condération sur les objets fédéraux